Livres d'aventures jeunesse : Signe de Piste, Bandes dessinées, Pierre Joubert, Signe de Piste, scoutisme
La fumée monte du sol en un épais brouillard… La salle plongée dans le noir s’agite dans une sorte de brouhaha…Un projecteur s’allume et soudain Fersen est là, planté au milieu de la scène, les bras en croix.
Ovation des spectateurs !
Son nouveau look le fait ressembler à un personnage du 19ème siècle, dont son visage anguleux et ses cheveux coiffés d’un revers de main accentuent l’aspect.
Ses yeux noirs qui passent d’un regard malicieux, complice, au langoureux romantique, brillent dans son visage mangé par une barbe courte mais épaisse.
Un chapeau huit reflets, une redingote et une robe blanche de grand-mère augmente l’effet de surprise.
Tel est le personnage, fantasque, moqueur, à la fois drôle et touchant, dissimulant son romantisme derrière des pirouettes pleines d’humour. Le public est d’emblée conquis.
Dès les premières notes, il n’a même pas à dire un mot que ses fans reprennent ses succès en chœur, il sourit, s’en amuse, laisse faire pour conclure par une phrase ironique :
« Vous êtes vraiment mauvais…je me sens plus à l’aise pour chanter maintenant ! »
Les gens rient, sifflent, le contact est établi. C’est là le secret de Thomas Fersen, il crée une osmose parfaite entre le public et lui. Même ceux qui ne le connaissent que de nom sont séduits par son attitude sympathique.
La soirée démarre…deux guitares dont une basse, un piano, une batterie, un accordéoniste, Fersen et son ukulele.
Son public, des jeunes qui ne hurlent pas de façon hystérique mais qui chantent avec lui, le cœur aux lèvres, des fans de 17 à 77 ans, aux visages éclairés d’un sourire quasi permanent tout au long du tour de chant. La poésie de Thomas Fersen, sa musique (du jazz à la valse, toujours entraînante), ses orchestrations magnifiques, ses musiciens pros et complices, tout incite à la bonne humeur.
Des titres repris en chœur : Pièce montée des grands jours, Monsieur, Les malheurs du Lion, Louise, La chauve souris et les plus récents, Germaine, Gratte-dos, Ukulele, La mouche, St Jean du Doigt…il faudrait les citer tous.
Le spectacle est ponctué de pas de danse, de solos d’instruments et pour clore ¾ d’heure de rappels…On voudrait le garder plus longtemps, et lui, fatigué, la voix légèrement cassée continue par plaisir et pour notre plaisir.
Thomas Fersen est un homme de scène et le public le ressent bien ainsi qui se déplace nombreux pour venir le voir. Sa carrière est déjà longue (1er disque en 1988), il la mène de main de maître. Il a sa place au firmament des grands auteurs compositeurs français, l’imagination et la poésie d’un Trenet, des textes ciselés à la Brassens, une musique entraînante et surprenante à la Gainsbourg, et une vraie présence : Fersen chante, bouge, danse (parfois comme un Derviche) laisse ses musiciens s’exprimer et communique à fond.
Pourtant le grand public le connaît mal, il n’est pas surmédiatisé, ses apparitions télévisées sont rares, il n’a pas encore été Druckerisé, Sébastianisé, Star-accadémisé et c’est peut-être mieux ainsi car il existe tel qu’il est. Il remplit les salles depuis des années et vit son art pleinement, c’est l’essentiel.
Thomas Fersen, nous n’avons pas fini de nous régaler de ses inspirations. C’est un gentleman chanteur, Monsieur Fersen.
Chapeau l’Artiste.